Alphonse Troestler a retracé quelques
80 années qui ont considérablement marqué
 notre région

Mutzig       L’Alsace de 1871 à 1953         Une mémoire déchirée

L’ARCAL a organisé une conférence intitulée L’Alsace 1871/1953 sous titrée « Une histoire déchirée, une mémoire partagée ? ». Animée par Alphonse Troestler, elle a réuni près de cinquante membres.

Alphonse Troestler est délégué à la Mémoire pour la Région Alsace, mais aussi président de la société d’histoire et d’archéologie de Molsheim, un passionné d’histoire qui a également participé à l’élaboration du dossier du Mémorial de Schirmeck, c’est ainsi qu’Antoine Volkringer, le président, l’a présenté.

Alphonse Troestler a eu l’occasion au cours des festivités du centenaire du débarquement en Normandie de présenter cette tranche d’histoire de notre Province, en pays normand, et fut surpris du bon accueil et de la compréhension dont on a fait preuve.

L’année du triste procès de Bordeaux

Pourquoi 1871 ? C’est à l’issue de la guerre de 1870, l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine à l’Allemagne, le changement de nationalité. Mais l’orateur a longuement traversé les siècles en partant de la guerre de 30 ans, en narrant l’histoire de l’Alsace, son appartenance au Saint Empire Romain Germanique, le traité de Westphalie où l’Alsace devient progressivement française. Bref, on ne peut parler du présent sans évoquer le passé.

Pourquoi 1953 ? C’est l’année du triste procès de Bordeaux avec le jugement du drame d’Oradour sur Glane, qui suscite la question : une mémoire partagée ? Le vécu de notre province est-il bien connu sur le plan national ? Les guerres, les changements de nationalité, et Alphonse Troestler de rappeler récemment sur France 3 le film sur le 3eReich qui a fait scandale côté alsacien/lorrain. Des plaies décidément qui ont bien du mal à se cicatriser et sont souvent dues à des méconnaissances de l’histoire et notamment celle toute particulière de notre province.

Le conférencier a étayé ses propos par quelques diapositives, en parcourant la période de 1871 à 1953 et même jusqu’à aujourd’hui, il s’est voulu très objectif, tout ne fut pas négatif dans cette période où certains citoyens ont changé jusqu’à quatre fois de nationalité.

Le public a été particulièrement attentif devant cet exposé très dense, la plupart ayant connu dans leur prime jeunesse la 2e guerre mondiale, ont été très intéressés.